Certains partent en voyage pour faire la tournée des temples, moi j’ai fait la tournée des toilettes !

Lorsque je suis arrivé au Népal j’ai compris toute l’importance que Dhana cherchait à me faire monter dans son village. J’ai été très agréablement surpris par le bon déroulement de notre dernier projet.

Il faut environ deux heures et demie depuis le point d’arrivée du bus, au bord de la rivière pour atteindre le village de Birta Deurali. Dès le début de la grimpette Dhana tenait à me faire remarquer çà-et-là les kits solaires, que nous avons financés en 2007, installés méticuleusement sur les façades des maisons. Ce sont surtout les villageois Magi (caste peu élevée, vivant à l’origine de la pêche et des activités au bord de l’eau) qui en ont bénéficié. De nombreuses personnes profitent des fonctionnalités du kit pour y brancher une petite radio. Dhana insiste : “ils peuvent maintenant accéder aux infos du pays !”.

Depuis que nous avons fait parvenir l’argent pour la construction des toilettes les travaux sont allés bon train et se poursuivent. Imaginez ! Les villageois ont passés sept jours pour aménager une route afin que le camion chargé de 9 tonnes de matériel, puisse accéder au village, en empruntant une route détournée. C’est la première fois qu’un véhicule montait jusque là.
Comme la période n’est pas propice aux travaux des champs chacun s’active. J’ai trouvé qu’il y avait dans ce village une belle cohésion sociale. Tout s’organise autour de Dhana (c’est devenu quelqu’un d’important aux yeux des villageois) et autour de deux de ses amis (Kale le directeur de l’école et Gyanu Lama). On m’a montré chaque installation cachée ici et là dans le village. Nous avons financé le matériel (c’est une chose !) mais le gros du boulot reste à faire. Il faut creuser dans la roche une fausse d’environ deux mètres de profondeur. A deux mètres de celle-ci on monte des murs avec des pierres qu’il faut aller chercher assez loin. Pour éviter que le mortier ne tombe on cimente le tout. Chaque maison à reçu trois sacs de ciment. C’est pas gagné ! Dès 5 heures du matin les femmes et les enfants descendent à la rivière pour remonter les sacs de sable nécessaires. Reste alors à fixer le toit en tôle. Certaines personnes en profitent pour aménager un petit coin salle de bain (c’est juste un petit espace supplémentaire qui permet de se laver en toute intimité).

J’ai été très impressionné par ce qui se réalise et par l’importance que tout le monde attache à ce projet. Dhana insiste souvent sur la dimension sanitaire encore plus nécessaire en période de mousson. De nombreuses toilettes sont en cours d’achèvement. Les villageois sont extrêmement reconnaissants. Je craignais une forme d’hommage et j’y ai eu droit. Comment leur ôter leur besoin de reconnaissance ? (C’est sûr, la prochaine fois j’enverrai une délégation à ma place). J’ai eu droit à ma petite cérémonie à l’école du village. Vous rirez sans doute en découvrant quelques photos. Après les discours et les remerciements, les villageois m’ont témoigné leur gratitude. A tour de rôle, ils m’ont barbouillé. J’ai eu tellement de collier de fleurs que je ne pouvais plus bouger la tête. Nous avons même remis un petit prix à la famille qui avait terminée ses toilettes en premier. Dhana a absolument voulu qu’une petite plaque verte soit apposée sur chaque réalisation. Ça m’a fait sourire !

Au final, c’est un beau projet. Quand j’ai appris qu’il ne restait plus que quinze maisons qui n’avaient pas leurs toilettes dans tout le village, j’ai engagé Thanaka dans le financement du reste.